Jeudi 18 janvier 2018

Les voyants de l’économie française ne sont pas au vert !
La situation économique de la France est critique avec perspective défavorable

Voici pourquoi en utilisant nos travaux actuels ci-contre et les statistiques les plus récentes des organismes officiels nationaux (lien vers le dossier statistique)

             La France est devenue un pays structurellement à déficits jumeaux (d’une part, déficit des finances publiques avec dette publique insoutenable et, d’autre part, déficit de la balance des transactions courantes non résorbable en économie ouverte). Le plus grave des deux déficits est celui dont les pouvoirs publics nous parlent le moins : celui de la balance des transactions courantes. Il est lié principalement à trois maux endémiques dont souffre le pays : un tissu industriel peu dense, une qualification insuffisante d’une part trop importante de la population et une performance relativement faible en matière d’innovation. Autant dire des difficultés qui ne peuvent régresser que dans le long terme ! Notre économie est devenue de ce fait stationnaire, aidée en cela par une économie d’endettement qui ne faiblit pas (l’Etat empruntant encore, en 2018, 195 milliards d’euros sur les marchés financiers !).

Des statistiques conjoncturelles en trompe-l’œil
             Des médias télévisuels parisiens expriment en boucle l’idée selon laquelle une embellie de l’économie française est apparue avec un taux de croissance de 1,9 % pour l’année 2017. Il faut analyser la structure de ce chiffre pour constater qu’il s’agit d’une amélioration en trompe-l’œil. En effet, les facteurs du regain de croissance sont principalement dus à la consommation des ménages et à un degré moindre, à celle des administrations publiques. En revanche, la contribution de l’investissement à la croissance économique faiblit depuis le début de l’année 2017, confirmant ce qui est attendu par les experts crédibles, à savoir un tassement de l’investissement des entreprises en 2018, ne serait-ce que parce que le taux d’endettement de celles-ci s’est fortement accru, atteignant 139 % de la valeur ajoutée industrielle. Notre conclusion est claire : c’est une consommation favorisée par l’économie d’endettement qui reste encore le déterminant principal de notre croissance économique. Ce n’est pas un bon résultat.
            Quant à l’amélioration sur le marché du travail, notre analyse à partir des données de l’INSEE aboutit à une évaluation contrastée : le recul de l’emploi industriel qui se poursuit est compensé par des embauches relativement plus importantes dans le secteur tertiaire marchand hors intérim, notamment celui des services aux entreprises. C’est une situation néanmoins peu satisfaisante parce que la désindustrialisation du pays se poursuit. Le recul récent du chômage au mois de novembre 2017 concerne uniquement les demandeurs d’emploi en catégorie A. En revanche, le nombre de personnes inscrites en catégories B et C a augmenté, surcompensant le gain obtenu en catégorie A.
             Les difficultés de l’économie française risquent de s’amplifier quand la BCE cessera sa politique de Quantitative easing au dernier trimestre 2018. Il s’ensuivra une hausse des taux d’intérêt (avec appréciation de l’euro) qui rendra cette fois-ci insoutenable dans les faits l’économie d’endettement en France. Les conditions de refinancement de la dette publique vont se durcir, conduisant à des coupes plus nettes dans les finances publiques ou/et à une hausse sensible des prélèvements obligatoires sur la classe moyenne. La croissance économique sera de ce fait pénalisée. En résumé, la situation économique du pays ne permet pas de dire que tous les voyants sont au vert: il s’agit d’arguments propagandistes, non étayés par les faits.

Des problèmes sociétaux en aggravation
            A ces problèmes économiques non résorbables par les solutions conventionnelles actuelles (ubérisation de la société avec développement de l’auto-entreprenariat dans un contexte de désindustrialisation irréversible) s’ajoutent des difficultés sociétales qui se traduisent notamment par un développement inquiétant des communautarismes, renforcés par une immigration appelée à s’intensifier du fait des évolutions démographiques et économiques attendues dans de nombreux territoires en retard de développement (Amérique latine et Afrique notamment). De façon générale, la population française n’est pas aujourd’hui assez qualifiée pour affronter favorablement la mondialisation. Il s’y ajoute une immigration économique, généralement non qualifiée de longue date, ce qui affaiblit notre système productif incapable de monter en gamme. Le pays est désormais trop abondamment pourvu en travailleurs sans savoir-faire exploitable par l’entreprise, carence issue aussi d’un système éducatif en très grave échec. Celui-ci a du mal à reconnaître ses déficiences et continue de fournir de plus en plus de diplômés inemployables, y compris parmi ceux émanant de l’Université. Par conséquent, l’immigration de travail non qualifié (légale et a fortiori illicite) doit cesser pour limiter la progression de la déqualification dans notre pays. Les lois de la République doivent être appliquées sans laxisme pour mettre un terme à l’immigration économique clandestine et inciter les postulants éventuels à recourir aux canaux migratoires légaux pour accéder au marché du travail français.
             Précisions que les personnes définies comme réfugiés qui accèdent au territoire français sont en réalité des migrants économiques. La France hexagonale n’a pas de frontière commune avec un quelconque Etat non démocratique ou en guerre. De ce fait, les personnes en danger dans leur pays d’origine et qui le fuit, deviennent des réfugiés dans le premier pays d’accueil qui en l’occurrence n’est jamais la France. Ces réfugiés bénéficient alors des règles de protection définies dans le droit international. Mais à partir du moment où ils décident de quitter ce premier pays d’accueil protecteur pour venir en France, ils deviennent en réalité des migrants économiques et doivent être soumis aux règles concernant ce type de mobilité de population.
             Nous pensons que l’action du nouveau pouvoir (légitimé par moins de la moitié du corps électoral français - il est bon de le rappeler) sera sans effet sur ces évolutions négatives dont la responsabilité ne lui incombe d’ailleurs pas. Celle-ci échoit à tous les gouvernants qui se sont succédé depuis la présidence G. Pompidou et qui ont laissé la situation économique et sociétale du pays se dégrader lentement.

La malédiction du gauchisme culturel
            Le déclin du pays qui n’est plus contestable résulte aussi des effets nocifs du gauchisme culturel qui sévit dans notre pays depuis les années 68. Il s’est structuré dans une pensée unique qui exerce une censure, le cas échéant une répression par l’exclusion de la vie sociale qu’il influence. Cette idéologie est aussi un fourre-tout où l’on va trouver, sur le plan économique, le rejet de l’entreprise et du profit et, sur le plan sociétal, la culpabilisation du monde occidental européen (et de ses représentants de préférence masculins dans l’âge adulte) pour sa démarche -passée ou présente- d’exploitation des pays du Tiers-monde (ou de minorités) dans une lecture sélective de l’Histoire. Il en résulte des normes informelles de comportements individuels transgressifs ou/et involutifs qui influencent notamment la jeunesse. Sur le plan collectif, il est proposé la promotion de la société multiculturelle : en réalité, elle n’existe nulle part et là où elle peut se développer (Etats-Unis, France, etc), elle tend plutôt à se transformer en société communautarisée, souvent antagonique et conflictuelle. Ce magma idéologique est bien implanté dans l’Education nationale, notamment dans les Sciences Humaines (c’est-à-dire des disciplines où la connaissance est établie et s’impose en s’exonérant de la nécessaire preuve scientifique qui, elle, prévaut dans les Sciences exactes) ; autrement dit , ce sont au mieux des Sciences des demi-vérités, vraisemblablement achevées sur le plan fondamental pour la plupart d’entre elles (de sérieuses coupes budgétaires pourraient donc s’y produire sans aucun préjudice pour le pays). De plus et malheureusement, cette influence négative affecte la formation d’étudiants qui exerceront plus tard dans la fonction publique, dans l’institution judiciaire, etc.
            Enfin, et c’est sans doute le plus grave pour l’avenir de la France, ce système de pensée n’est pas compatible avec la mondialisation actuelle, libérale et productiviste, dans laquelle les biens matériels et les services marchands technologiques sont déterminants de la réussite économique d’un pays. De ce point de vue, notre pays crée en réalité moins de richesse que ne l’indique son PIB parce que celui-ci contient la valeur des services des administrations publiques, surreprésentés par rapport à nos concurrents étrangers, services de surcroît non échangeables sur les marchés internationaux. Cette hyperproduction administrative se traduit aussi par une pléthore d’emplois publics parce qu’on n’est pas en mesure de créer des postes de travail ailleurs. Telle est la vérité cruelle dont il faut prendre conscience, qui petit à petit nous conduit à une impasse et à une régression progressive et difficilement réversible dans la mondialisation (malgré quelques points forts de notre industrie).
            La gouvernance actuelle n’a plus de prise réelle sur les déterminants de notre croissance économique (économie d’endettement alimentée par la consommation - une authentique tragédie !) et se limite principalement à des effets de communication auprès d’une population désemparée qui craint à juste titre que les jours de l’indolence de l’économie d’endettement dont elle tire profit ne soient désormais comptés. A court et moyen terme, il n’y aura pas de choc majeur sur l’économie française, à la condition de demeurer dans la zone euro (nous excluons un scénario de crise monétaire malgré des bilans bancaires non assainis). La stationnarité de notre économie ne sera possible que par une hausse des prélèvements obligatoires sur la classe moyenne du pays : elle est désormais en première ligne pour supporter toute les péréquations de revenus entre catégories sociales, envisagées plus ou moins implicitement par la gouvernance actuelle. A plus long terme, il faut se préparer à une amputation plus nette du niveau des traitements et des pensions… Pour les questions sociétales liées aux migrations, tant que le Code de la nationalité française ne sera pas réformé en renonçant au droit du sol, que la politique nationale de visas ne sera pas sérieusement révisée pour éviter l’augmentation des séjours illégaux et que les effets d’appel exercés par les dispositifs d’assistance financière en direction des migrants économiques en difficulté ne seront pas effacés, il sera vain d’envisager une quelconque maîtrise des flux migratoires.
             En conclusion, nos travaux appuyés sur les statistiques les plus récentes conduisent à une évaluation économique et sociétale pour la France qui est la suivante: situation critique avec perspective très défavorable.

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1 - Notre analyse à paraître prochainement: "Etat et perspectives de l'économie française", Février 2018

Résumé : De nombreux indicateurs révèlent une situation économique dégradée. La puissance publique est relativement impuissante à corriger cette détérioration en raison, d'une part, de finances publiques non assainies et, d'autre part, d'une politique de l'offre toujours difficile à mettre en place en économie complètement ouverte. La sortie de crise dépend essentiellement de l'initiative et de l'investissement privés dont le bilan à ce jour est mitigé. La politique actuelle de Quantitative easing de la BCE sera sans doute sans effet notable sur les activités productives et la croissance économique. En réalité, la politique monétaire est inopérante sur l'état des structures productives. Cette politique d’abondance monétaire crée une trappe à liquidités pouvant contribuer à la baisse du taux de change de l’euro, à une inflation plus forte mais utile à l’activité économique et bancaire, sans un recul significatif du chômage (et de la pauvreté). Dans ce contexte, le processus de construction de l'Union européenne tend à se pétrifier en ne convenant plus qu'à une partie du territoire national dont plusieurs zones connaissent une paupérisation en accroissement (graphiques ci-dessous). En réalité, le modèle européen d'intégration ne fonctionne plus de façon satisfaisante et doit donc être repensé en privilégiant son approfondissement (est-ce encore possible ?) ou sa mutation vers une réhabilitation des politiques nationales (les négociations en cours d’élargissement de l’Union européenne doivent être reportées sine die et la négociation avec la Turquie limitée à l’optimisation de son union douanière avec l’UE sans adhésion à celle-ci). Le système monétaire optimal pour les pays de l’Union européenne au regard de l’état de leurs structures productives était (et reste) le SME et pas l’euro qui a été prématurément mis en place (le Danemark l’a bien compris). Tout projet pour résoudre la crise multidimensionnelle de la zone euro devra avant tout éviter de déstabiliser un système financier européen et international non encore assaini. Il convient aussi de ne pas apporter de réponses dilatoires et irréalistes à cette crise (la solution d’un budget fédéral pour la zone euro, très difficile à mettre en place, qui s’appuie souvent sur un argumentaire convenu et techniquement imprécis-on se paie de mots-, s’avèrerait in fine inefficace économiquement).

Ces graphiques tirés d'Eurostat montrent une accentuation des difficultés de l'Arc Atlantique, notamment dans les régions françaises :


2 - Publication en librairie: Enjeux et défis de la coopération euro-méditerranéenne, Ed. Néothèque, 483 p., Palaiseau, February 2013.



3 - Communication à la Conférence: Politiques commerciales en Europe 1850 -1913 (Université Montesquieu-Bordeaux IV, Mars 2013)


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